Association freudienne de Belgique

Association sans but lucratif

Samedi 31 juillet 2010

Faute de pouvoir voir clair, nous voulons, à tout le moins, voir clairement les obscurités.

Sigmund Freud.

La formation des psychanalystes

Les balises institutionnelles

L'Association freudienne de Belgique considère que différents éléments président nécessairement à la formation des psychanalystes.

  1. Une analyse personnelle menée chez un analyste dont les références analytiques correspondent à celles de l'Association freudienne de Belgique.

Cette analyse est la pierre d'angle de la formation du psychanalyste. Que doit-on en attendre et qu'en est-il de sa fin? Freud recommandait une analyse didactique brève par laquelle l'analysant expérimente l'existence de l'inconscient et de ses formations: "On n'apprend pas la psychanalyse dans les livres", tel était son point de vue. Pour Freud la cure devait permettre de faire "l'expérience du plus grand nombre possible de processus intérieurs". Personne, disait-il par ailleurs "n'a le droit d'intervenir en psychanalyse s'il n'a pas acquis des expériences déterminées qu'on ne peut acquérir que par une analyse de sa propre personne". Il ajoutait encore "L'analyste pourrait se soumettre, par exemple tous les cinq ans, à une nouvelle tranche d'analyse". Pour Freud, la question de la fin de la cure bute soit sur le "roc de la castration" chez l'homme, soit sur le "penis-neid" chez la femme.

Au lendemain de la première guerre mondiale et de la déclaration de la maladie de Freud, la pratique de la psychanalyse s'est largement répandue en Allemagne et en Autriche. Les psychanalystes de la Société Psychanalytique de Berlin, craignant l'hétérodoxie, rendirent obligatoire une analyse didactique, alors que l'analyse personnelle ne peut et ne devrait relever que du domaine du choix personnel. Tous les didacticiens étaient toutefois d'accord pour dire que l'analyse didactique est autre chose qu'une analyse thérapeutique; ce serait une analyse plus profonde, une analyse qui va plus loin.

Lacan va contester cette rigidification de la formation des psychanalystes et par là même la psychanalyse dite didactique. Il ira jusqu'à avancer qu'il n'y a pas de formation à la psychanalyse, qu'il n'y a que des formations de l'inconscient. Il faut reconnaître que ces dernières constituent un programme à part entière. Dans la Proposition d'Octobre 1967, Lacan propose une alternative à la psychanalyse didactique mettant en continuité l'analyse personnelle, l'analyse de contrôle et l'institution psychanalytique. Il insiste sur l'ouverture à l'inconscient et le fait de prendre la mesure des résistances qui encombrent notre écoute. La question de la fin de la cure sera quant à elle diversement élaborée et trop souvent idéalisée. Trop schématiquement retenons trois choses: la formule freudienne selon laquelle "là où c'était, il faut que Je devienne"; le fait que le passage au désir de l'analyste peut prolonger une analyse personnelle et, finalement, que l'analyste a à se départir de la volonté de diriger la vie des patients alors qu'il lui incombe de diriger la cure.

  1. Une clinique de la cure psychanalytique et une expérience clinique variée incluant l'abord de personnes souffrant d'états psychotiques, pervers et névrotiques graves président également à la formation des psychanalystes ainsi que :

  2. des contrôles ou supervisions suivis régulièrement portant sur une pratique de la cure psychanalytique; ceux-ci seront réalisés auprès d'analystes dont l'expérience et la pratique témoignent de la rigueur, de l'éthique et de l'inventivité.

  3. Enfin, une formalisation écrite et orale personnelle et régulière de son parcours psychanalytique au travers de publications et de témoignages dans les Cartels, Séminaires ou Journées d'étude. Ceci vaut tout autant pour l'analysant que pour l'analyste, pour le Membre adhérent, le Membre effectif ou le Membre praticien. Seule la formalisation orale ou écrite permet en effet d'accéder à l'échange qui doit se réaliser dans l'Association autour de la clinique et de la théorie. Seul ce travail permet aux membres de l'Association de s'interroger les uns les autres, de s'enseigner les uns les autres et d'effectuer ce pont indispensable entre la clinique et la théorie. Il permet finalement de passer outre les inhibitions, la passivité et de mettre à l'épreuve cette ignorance savante qui convient à la pratique de la psychanalyse.