Une clinique psychanalytique aujourd’hui

Présentation à l’Ali-Epco, Limoges, le 12 mars 2016

« Lettre à un jeune clinicien » (Erès, 2014) a été écrit à l’intention de ceux qui abordent la clinique psychanalytique avec un regard neuf ; les plus jeunes tout d’abord par la force des choses, et aussi les moins jeunes, soit que ces derniers se lancent plus tardivement dans l’écoute de leurs semblables, soit que bien qu’aguerris à l’écoute de l’inconscient, ils conservent vive cette position extraordinaire qu’est l’écoute psychanalytique comme pour la première fois.

Martin Petras, notre collègue belge du Questionnement psychanalytique, a eu une expression sympathique à propos du livre en disant : « C’est un livre qui rajeunit les cliniciens. » C’est très gentil, mais c’est aussi un livre qui donne quelques soucis au lecteur. Ainsi, présentant l’ouvrage à Paris, Ali Magoudi fit remarquer la portée en quelque sorte subversive de la pensée. L’ouvrage dirait, selon Ali Magoudi, que les concepts psychanalytiques lorsqu’ils sont canonisés, font obstacle à la transmission de la clinique psychanalytique. Je souscris à cette présentation, non sans y apporter des nuances dans la présentation à Limoges : il serait à chaque génération nécessaire de s’approprier les messages de Freud et de Lacan. Par le travail des textes et les échanges cliniques.

La présentation de l’ouvrage sera renouvelée lors de notre rencontre du 12 mars à Limoges par une illustration et un exercice sur le thème de la dénégation mis à l’ordre du jour par la lecture du Séminaire I de Lacan, « Les écrits techniques ». La dénégation, telle que présentée par Freud et Lacan, constitue un des exercices cliniques les plus intéressants lorsqu’il s’agit de tenter d’entendre et d’exposer l’écoute de l’inconscient qui se déroule dans la cure et dont l’erreur serait de croire, comme l’annonçaient de récentes Journées « qu’il s’amuse ! » C’est avec le plus grand sérieux que l’inconscient est à l’origine de symptômes et de passages à l’acte violents qui secouent le monde sans que l’on perçoive très bien d’où viendrait l’apaisement.

Marie-Jeanne Segers

Samedi 12 Mars 2016